La superposition textile
En croisière, le but du jeu consiste à mettre le plus de couches possibles, tout en restant mobile. Pas simple, vu mon taux de résistance au froid particulièrement peu élevé...
C'est un peu comme dans la publicité "Petit Bateau" où la mère habille son enfant en lui mettant un maximum de couches. A la fin, le petit garçon doit avoir une dizaine de tee-shirts et de pantalons sur lui, soit une bonne épaisseur qui lui permet de sauter contre les murs sans se fair mal. Ici, c'est un peu pareil. Il me faut suffisament de couches pour ne pas avoir trop froid et pour pouvoir me jeter partout. Ce qui n'empêche pas mes jambes de se couvrir de bleus.

En mer, question habillage, j'ai mon rituel. Froid oblige, je dors avec mes vêtements du lendemain. Les vêtements glacés que l'on enfile le matin après une nuit bien au chaud, sont un argument contre l'envie de se lever. Le soir dans mon duvet, j'invite donc mes chaussettes, mes sous-vêtements et la première couche du haut. Au réveil, la réalisation du mille-feuilles vestimentaire peut commencer : une première couche fine - dite thermique -; une deuxième constituée d'une polaire pas trop grosse; une troisième identique pour les jours de grand froid; une quatrième couche avec une polaire plus épaisse et enfin, pour couper le vent et la pluie, ma veste de quart. Cela fait donc cinq couches pour le haut. En bas, des chaussettes de ski, un caleçon en polaire, un pantalon-ciré puis mes bottes. A cela s'ajoutent quelques accessoires indispensables : un bonnet en laine chipé dans les placards de mon grand-père, des gants coupe-vent, une écharpe et ma bouillotte de poche. Et avec tout ça, je trouve encore le moyen d'avoir froid. Parfois, je me demande si mon cas n'est pas à désespérer...