L'échappatoire
L’autre jour, j’étais au téléphone avec Véronique, une copine journaliste. J’étais énervée parce qu’un de mes camarades avait mangé toutes mes biscottes sans gluten, en sachant pertinemment qu’elles étaient à moi. Le monstre. Lui, il est végétarien. C’est par pour autant que je mange toutes les courgettes dans le frigo et lui laisse juste la viande…
Voici un exemple du quotidien collectif.
Un exercice difficile, où il faut apprendre à composer. Quand André peste parce tout traîne, quand Régis ronfle plus fort que mon oncle Sylvain (que l'on entend à travers les murs), quand Etienne entre dans la chambre en riant à vingt-trois heures, quand le lit superposé tremble parce que Damien se retourne dans son lit, vous imaginez que pour moi, cela demande un peu de self-control... La fatigue aidant, j'ai parfois envie de partir en retraite dans un monastère. Les moments pour s'isoler sont rares. En bateau, les formateurs nous sollicitent en permanence. Au port, même pas le temps d'aller prendre un café. A terre, loin de tout, difficile de fuire une heure ou deux.
C'est ici que le téléphone a son utilité. Certes, il y a mieux... Mais ça fait du bien, ces textos envoyés à Alain pour les jolis mots de tous les jours, un coup de fil à mon père pour vérifier que tout va bien, un autre à ma soeur pour me remonter le moral les jours d'usure, un à Véronique pour ramasser un peu de quotidien des villes, un à Caroline pour la simplicité de sa bonne humeur,...
Parler, échanger avec des personnes extérieures. Parler du quotidien des "terriens".
Prendre du recul pour affronter, comme dirait Manu Larcenet, ce "combat ordinaire"...